Je suis toujours étonné de voir comment l'homme, lorsqu'il perd,  peut dans un sursaut stupide d'orgueil, de fierté stérile, refuser de reconnaître, de voir ses fautes, de comprendre, d'accepter l'échec qui se prépare. Peut refuser, subitement, le respect des lois, la parole donnée, les valeurs affirmées, la vérité énoncée par d'autre... parfois par lui même un temps. Peut tout simplement s'enfoncer encore plus dans une fuite de lui même, peut s'enfoncer dans l'erreur.

Le droit à l'erreur doit être offert à tous, petits et grands, à condition de le saisir, de le revendiquer, d'en réclamer l'octroi. Il est vrai que notre société refuse de plus en plus ce droit, que je considère pourtant comme indissociable des droits fondamentaux de l'homme, du monde, de l'univers.
Il n'implique pas forcément le pardon, juste la reconnaissance du droit d'entreprendre et par déduction du risque possible de se tromper. Qu'elle belle figure aurait notre société si elle intégrait cette notion dans ses fondements. Certainement que la jeunesse y gagnerait en compréhension et l'adulte en tolérance, en respect, parce que le plus important est de faire, d'oeuvrer, de construire, de marcher de l'avant.
Mais, parce que nous voulons trop aujourd'hui dans notre orgueil d'homo sapiens, dans cette fierté issue des siècles matérialistes, cartésiens, capitalistes, déshumanisés, déshumanisant, avoir raison, toujours et encore, nous construisons notre propre tore.
Et oui, avoir raison celà ne s'improvise pas et malheureusement, celà n'est pas donné à tout le monde. Beaucoup de choses sont à prendre en considération, celà demande beaucoup de lucidité sur soi-même et sur ses actes, d'honnêteté et de rigueur dans son quotidien et sa pensée, d'écoute des autres même dans le désaccord. Celà demande aussi de l'humilité.
S'accorder le risque, le droit de l'erreur celà n'a jamais sous entendu le fait d'être battu d'avance, celà ne renit en rien les convictions personnelles d'un temps, celà aide juste à grandir et pour celà il n'y a pas d'âge.

Mais lorsqu'au lieu de se poser, de s'arrêter pour mieux réfléchir et agir, l'individu continu ses actions dans le chemin de la perte, de l'entêtement. Qu'il n'écoute pas les signes. Qu'il continu de se renier jusqu'au plus profond de ses propres valeurs. Qu'il s'enfonce plus profondément dans l'échec. Alors, celui-ci n'en sera que plus cuisant, plus humiliant, moins excusable, moins pardonnable.
Car le mal est, alors, là, semé au quotidien, dans la division au lieu de l'union, dans la destruction au lieu de la construction.

C'est dommage de considérer la vie sous cet angle strictement dicté, au fond, par un orgueil personnel un peu trop fort, trop démesuré.