09 mars 2007
Le temps du silence est révolu
Amis visiteurs, pour ceux d'entre vous qui seraient intéressés par les turbulences que vie actuellement ce magnifique et prestigieux vaisseau de pierre qu'est la Commanderie des Templiers de Coulommiers. Je vous invite à découvrir le blog, le contact sur l'url suivante : http://lecontact.canalblog.com/
30 novembre 2006
C'était hier : 2 : Donner du sens à l'action.
Mon ambition n'est pas de vous écrire, ici, le récit complet de mon implication de 17 ans à la Commanderie, cela prendrait des pages, et pourtant ce billet va être long.
J'entends, ici, restituer à l'attention des adhérents de l'association, quelques faits et quelques dates de cette aventure qui ont conduit à ce que nous sommes aujourd'hui, une association connue et reconnue, même si cela arrange certains de le nier et de n'en faire qu'à leur tête pour tout détruire . Si vous trouvez cela un peu long, j'en suis désolé, mais dans toute aventure humaine ayant un projet ambitieux au service de la collectivité l'histoire est parfois riche de sens.
En 1989, lorsque nous sommes arrivés à la Commanderie des Templiers de Coulommiers, Sophie Leblanc et moi même, nous avions à l'époque le projet de créer une association destinée à nous permettre de mettre en oeuvre nos compétences artistiques, tout en réalisant des chantiers de jeunes bénévoles pour la restauration des lieux en nous appuyant sur notre expérience dans le domaine (Colombier de Créteil et Abbaye de St-maur des Fossés pour ma part, Chateau de Beynes pour tous les deux. Ces trois chantiers sont membres de l'Union REMPART).
Au regard de la situation de la Commanderie et de l'existence de l'association des Amis du Musée du Papier, il n'a pas semblé judicieux de créer une nouvelle structure, mais plutôt de réactiver une association existante "Les Ateliers de Techniques Anciennes du Groupement REMPART Île de France" (ATAGRIF) association créée en 1985, et en sommeil depuis la fin du programme TUC par le gouvernement en 1987.
Ainsi fut fait, en septembre 1989, les ATAGRIF tenaient à la Commanderie une Assemblée Générale durant laquelle fut validé le projet d'implantation à la Commanderie et à l'issue de cette Assemblée, le nouveau Conseil d'administration me confiait la présidence de l'association avec pour charge la réalisation d'un projet d'action et sa conduite. Parallèlement une entente, sous la forme d'une première convention avec les Amis du Musée du Papier, officialisait notre présence sur les lieux. Le travail pouvait commencer.
Aussitôt, nous nous sommes mis au travail avec des amis bénévoles venant du chantier de Beynes. Le travail ne manquait pas sur le terrain et parallèlement des rendez-vous réguliers avec la mairie permettaient de construire progressivement un projet d'animation pour redonner vie à ce lieu. Cette situation d'entente ne durera malheureusement pas.
Avec le recul de ces 17 ans, c'est fou comment nous avons plongé dans ce projet, deux jeunes fous bénévole de surcroît, concevant pour la première année d'activité, 1990, une saison complète, du 1er avril au 15 décembre, comprenant des stages, des chantiers, des expositions et un concert, avec une ouverture 7 jours sur 7 de la Commanderie aux touristes en entrée gratuite pour la première année. Le constat fut encourageant, 1750 visiteurs, la restauration de la toiture des anciennes porcheries, les premières subventions, les premiers adhérents, de nouveaux administrateurs s'attelant au projet. La certitude que l'action était viable et tout celà avec la fougue, l'insouciance de la jeunesse et la croyance dans la force de l'entreprise. Je peux vous dire que du côté parental c'était plutôt l'inquiétude, mais nous devons les remercier d'avoir été à nos côtés dès le début et de ne pas nous avoir lâché.
En décembre 1990, avec l'arrivée de FLorian Renucci, objecteur de conscience, au sein de notre équipe de deux bénévoles permanents, nous passons à trois permanents, puis à quatre avec une hôtesse d'accueil en CES. Durant ce mois de décembre, nous rédigeons un document important qui nous était demandé par bon nombre de nos partenaires et les institution, "Le projet final de réutilisation de la Commanderie des Templiers de Coulommiers".
Ce document d'importance donnait une vision claire de notre projet de restauration et de réutilisation des différents bâtiments. Il mettait définitivement l'accent sur le caractère pédagogique, éducatif, mais également culturel des activités que nous entendions conduire à la Commanderie. Le projet de création du jardin médiéval y figurait déjà.
Ce document envoyé à nos partenaires et aux institutions, nous permettra en 1991 d'obtenir des subventions sur projet du Conseil Général de Seine et Marne, mais également du ministère de la culture dans le cadre des actions pédagogiques. Durant les années qui suivent nous participerons aux actions "7 jours 7 arts" du Conseil Général. Notre dynamisme est rayonnant, nos manifestations attirent et donnent des idées à d'autres, une volonté d'agir se met progressivement en place dans les environs.
C'est durant cette année 91, que seront en effet lancés les premières actions envers les scolaires, la machine s'accélère, le travail et les projets ne manquent pas, expositions, stages, Salon du livre patrimoine et histoire, concerts, désormais de musique anciennes en partenariat avec le Centre de Musique Médiévale de Paris, chantiers de bénévoles sur plusieurs sessions et durant les petites vacances, ainsi que pendant l'été de cette année, l'accueil dans le cadre des premières OPE (Opérations Prévention Eté) en lien avec la DRAC Ile de France, d'enfants défavorisés du plateau St-Jean de la ville de Beauvais. Le projet s'affine et les partenariats se mettent en place, festival de musique ancienne, création d'expositions, accueils pédagogiques, centre de loisirs, salon du livre, marché des produits traditionnaux briards... De nombreuses activités, projets, actions voient le jours, l'équipe grossie.
Dans le montage et la conduite de tout projet, il y a une part de travail et de don de soi même très importante, le travail et l'énergie, la synergie même, influencent les parts de réussite, mais il y a aussi une part de chance, il faut croire que la Commanderie attendait cette heure pour refaire surface après son sauvetage des années 60-70.
Sonne alors l'heure des premières récompenses, en 1992, dans le cadre de l'accueil de l'exposition "Plantes et Jardins du Moyen Âge " de l'Abbaye de Fontevrault avec le soutien de la fondation Yves Rocher, aura lieu la rencontre avec Joël Chatain, paysagiste diplômé de l'Ecole de Versailles, serra alors lancé le projet de jardin médiéval qui verra son début de réalisation en avril 1993, et donnera à l'association sa première distinction "Les lauriers de l'environnement" concours national organisé par le magazine "Le point" et mécéné par Dupont de Nemours. Cette année 1993 verra dans l'enchaînement, un prix départemental dans le cadre des prix de l'environnement, puis un prix régional du concours national de la Caisse des Monuments Historiques, enfin en 1994 sera la récompense ultime pour tous les bénévoles, permanents et adhérents de l'association avec le premier prix national de la Caisse des Monuments Historiques remis, en mains propres par M. Jacques Toubon alors ministre de la culture. Ces distinctions marquent la volonté de reconnaissance des partenaires face au travail accompli.
L'aventure ne s'arrête pas là puisque nous sommes en 2006. Mais pour ne pas alourdir ce deuxième billet, j'ai volontairement laissé des évènements sous silence provisoir. Si la reconnaissance de l'association et de ses actions est attestée auprès du département, de la région et des services de l'état et d'autres partenaires institutionnels, ce n'est malheureusement pas le cas au niveau local, et ceci depuis 1992. Mais c'est une autre histoire que je conterais peut être lors d'un autre billet. il faut simplement savoir qu'elle a duré longtemps et qu'elle dure encore tout en voyant, dans un sens, un aboutissement extrême aujourd'hui.
Cependant, ma volonté en tant que président a été dès le début d'inscrire le projet ATAGRIF, comme un outil au service des hommes. Les différents conseils et administrateurs qui ont participé à tous ces temps de réflexion s'en souviendrons (On est d'accord Patrick, Gilbert, Jean, Véronique et les autres?) et m'on accompagné dans ce sens. Pour affirmé l'identité d'une structure, la démarquer des autres et lui permettre de donner un sens à ses actions, il nous est apparu nécessaire de matérialiser dans un document la déontologie, la philosophie dans laquelle se déroulaient les actions de la Commanderie. C'est ainsi qu'est né le projet de "Centre de Culture et d'Histoire" dont la création fut officiellement approuvée lors de l'Assemblée Générale de janvier 1994, ce jour verra également l'adoption de la charte philosophique du "Centre de Culture et d'Histoire de la Commanderie". C'est l'aboutissement pour le Conseil d'Administration de l'époque de plusieurs mois de travail, de longues soirées de réflexion et pour ma part de quelques nuits de rédaction.
Texte de la charte des "Centres de Culture et d'Histoire". charte_CCH rédaction Jean-Frédéric Berger, approuvée par l'assemblée générale ATAGRIF de janvier 1994.
L'affirmation de notre déontologie et de notre philosophie, nous permettra d'obtenir alors des aides de la Caisse Nationale des Monuments Historiques, de la Fondation France Telecom, de la Caisse d'Epargne Ile de France Paris, et d'autres partenaires, aides qui ne dureront malheureusement pas. Les tourments et les tracas revenant à la charges à partir de 1996, puis s'appaisant de nouveaux pour encore revenir.
Mais toute l'équipe s'est remise au travail, motivée, retroussant les manches et poursuivant sa tâche avec la certitude que le projet que nous portions donnait du sens à notre action. Je me dois ici de lui, de leur rendre hommage, car durant ces années de joies mais aussi parfois bien dures, que furent les années de 92 à 97, l'équipe est restée soudée et impliquée, ce qui permis la résolution de bien des problèmes et d'affronter bien des dangers.
Pour conclure, cette charte des Centres de Culture et d'Histoire, si elle n'a jamais fait de petits, n'en a pas moins été le guide fondamentale de toutes nos actions depuis des années. C'est par elle que nous pouvons affirmer avoir tenu et rempli notre mission, notre engagement auprès de la collectivité et de notre public. Car aujourd'hui, voilà ce qui est en danger, un patrimoine vivant conduit par des hommes pour les hommes, une certaine conception de la liberté et du droit d'entreprendre, une croyance dans la chance que chacun devrait avoir de trouver les moyens de changer sa vie et de la réussir. C'est si facile de détruire...faudra-t-il aller jusqu'à devoir dire pourquoi et comment cette oeuvre est en train d'être détruite? Je souhaiterais plutôt continuer de construire.
Si vous êtes arrivé jusqu'ici, merci de m'avoir lu, je vous donne rendez-vous pour un prochain billet qui j'espère retiendra votre attention.
Jean-Frédéric Berger
Président des ATAGRIF de 1989 à 1998.
Fondateur du Centre de Culture et d'Histoire.
29 novembre 2006
C'était hier !
Il est toujours dommage de se rendre compte que la mémoire ne fait pas partie des qualités que devraient avoir l'espèce humaine... heureusement les technologies modernes développées durant le XXe siècle constituent l'une des plus extraordinaires révolutions dans le domaine des outils d'information et de communication, après l'invention de l'écriture et l'imprimerie. Elles ouvrent des possibilité d'accès à la mémoire individuelle et collective d'une richesse qui ne s'était pas vu depuis des temps lointain... et ceci pour tous, du plus pauvre au plus riche à condition de le vouloir.
Alors, utilisons les pour rafraichir la mémoire à nos concitoyens.
Cependant, dans cet effort, cette recherche de la mémoire, il est important de ne pas transformer les données et les faits, de ne pas les adapter à son seul intérêt, à sa défense, mais de les laissées brutes... dur travail d'objectivité et d'honnêteté. Laissons parler les faits, ils rendront, comme le dit cette célèbre phrase, "A césar ce qui est à César".
Je souhaite vous présenter une série de photos sur la Commanderie des Templiers de Coulommiers. Ces photos ont été prises lorsque nous sommes arrivé, Sophie Leblanc et moi-même, en septembre 1989 et que nous avons démarré une aventure extraordinaire de richesse humaine, d'inventions, d'actions, de créations. Une aventure qui a associé des milliers de personnes de 7 à 77 ans (comme un journal bien connu) durant ces 17 ans que furent l'aventure ATAGRIF, association membre depuis sa création de l'Union Nationale REMPART.
En septembre 1989, je prenais la présidence de l'association ATAGRIF, présidence que j'ai conservé jusqu'en novembre 1998 pour en devenir alors le directeur. C'est à ce titre d'ancien président de l'association, d'acteur au sein des association REMPART depuis 27 ans et de fondateur du "Centre de Culture et d'Histoire" de la Commanderie des Templiers de Coulommiers que je m'exprime aujourd'hui.
Cette carte postale nous présente la Commanderie des Templiers au début du XXe siècle, encore appelée Ferme de l'Hôpital. Elle restera une ferme jusqu'en 1963, puis fera l'objet d'une remarquable action de sauvetage lancée en 1966 par l'association des Amis du Musée du Papier, sous l'impulsion entre autre de Jean Schelstraete et georges Goetz. Cette association présidera, de 1966 à 1989, à la destinée du lieu réalisant d'énorme travaux et sortant de l'oubli ce monument d'un intérêt national et européen. Notons au passage l'adhésion, dès 1967, des Amis du Musée du Papier à l'Union Nationale REMPART et la continuité dans l'existence de cette association.
La Commanderie de Coulommiers est, donc, la dernière commanderie complète, terrain compris, au nord de la loire avec une architecture des XIIe et XIIIe siècles, ainsi que du XVe siècle sa période hospitalière. Elle dispose, ormis ses bâtiments de charpentes du XIIIe siècle et fait partie des rares témoignages architecturaux templiers disposant de fresques murales d'intérêts européens.
Mais au delà des témoins architecturaux, la Commanderie conserve de sa période hospitalière des noms illustres dans les personnes de Villiers de L'Ile Adan et de Aymerie d'Amboise qui furent tous deux commandeurs de Coulommiers, mais aussi, et surtout, Grand Maître des Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem, aujourd'hui Ordre de Malte.
Mais laissons la place aux images de cette année 1989.
Chapelle et bâtiment Vue ext côté sud petite grange anciennes porcheries
du chapitre côté actuel du jardin aujourd'hui
La petite grange aujourd'hui local associatif et des vues de l'intérieur avant aménagement.
L'état de la grange aujourd'hui atelier de taille de L'état intérieur des caves médiévales.
pierre et atelier pédagogique.
Aujourd'hui, pour ceux qui connaissent la Commanderie ces paysages ont bien changé, il faut en remercier les milliers de bénévoles adolescents et adultes, français et étrangers qui durant ces 17 ans ont consacré un jour, une semaine, des mois et pour certains des années à la restauration de ce patrimoine national.
Mais la restauration sans la vie et sans l'animation des lieux ne serait rien.
Alors dans l'esprit et la philosophie de l'Union REMPART, nous avons travaillé durant toutes ces années à faire de la Commanderie des Templiers de Coulommiers un "patrimoine vivant" ancré dans son temps, mais porteur de valeurs favorisant l'implication de tous, dans le soucis de la démocratie participative propre au milieu associatif et donnant à chacun, au travers des activités du "Centre de Culture et d'Histoire", les outils pour se développer et trouver sa voie dans les méandres de notre monde moderne. Il est dommage que certains aient usurpé ces valeurs.
Cette volonté d'action, associé à l'indépendance de l'association durant toutes ces années, ont permi la création d'emplois locaux et l'inscription de l'association et de la Commanderie dans une démarche de développement durable de la région. Partenaire et actrice tant au plan local, départemental que régional, l'association a été durant toute ces années une partisane de l'action, liant avec des institutions et d'autres associations des liens citoyens inscrit dans l'action au service des autres, de la culture, du tourisme et du patrimoine. Mais celà à aussi suscité des rancoeurs, des convoitises, tant en dehors de l'association que dans son sein, la politique au même titre que les ambitions personnelles sont rentrées dans l'association perturbant son fonctionnement, son développement et ses objectifs.
Durant toutes ces années, grâce à nos efforts de communication, la presse, les radios, la télévision se sont souvent fait l'écho des activités de la Commanderie, donc de l'association ATAGRIF, projetant celle-ci sur le devant de la scène patrimoniale nationale, accentuant encore les convoitises. C'est dur quand on n'aide pas une structure dont les autres parlent. Alors, avec le temps, les hésitations, les lourdeurs internes, les conflits, le navire a commencé à chalouper, pour aujourd'hui se dirige droit vers les récifs. Pourtant, nous avions prévenu... Alors ???
Alors, oui, cette oeuvre, ce travail de 17 ans, au service de l'histoire, d'un patrimoine et d'un idéal associatf et social est aujourd'hui, en danger. Cette action, outil au service du développement personnel et de l'accès pour tous à un savoir et à une découverte de soi même, est en danger.
Il est tellement facile de détruire ce qui marche, mais que l'on ne peux possèder, plutôt que de reconnaitre les qualités de l'action et d'accepter de s'y associer pour le bien de tous.
Messieurs et Mesdames les politiques de tout bords, c'est dans l'aide que vous apportez et apporterez aux citoyens pour l'accomplissement de leur idéal, souvent au service de la société, que vous gagnerez vos lettres de noblesses au regard du peuple, pas autrement.
Depuis 27 ans que je milite au sein de l'Union REMPART, j'ai appris que pour sauver un patrimoine, il fallait bien en connaître l'histoire, il en va de même pour l'association ATAGRIF, derrière l'action il y a des valeurs que certains nies et voudraient faire taire. Le moteur principal depuis 17 ans est une réelle volonté de mettre en application des valeurs de société favorisant l'accès à la culture, au savoir et à sa recherche personnelle pour tous.
Alors, parce que je suis fier de l'action que j'ai créé durant ces 17 années avec l'aide et l'implication de beaucoup. Parce que je me sens une obligation morale envers tous ceux qui ont participé, donné de leur temps sans attendre de retour et dans le silence.
Parce que je souhaite que demain, le droit d'entreprendre et de réussir ne soit pas exclusivement lié au secteur commercial et marchand, mais aussi au social, à l'humain.
Parce que je sais que nous avons déclanché des passions, des vocations, que nous avons aidé des gens à être, simplement. Que la jeunesse de notre pays à besoin d'exemples divers et variés et que nous en avons été un. Que beaucoup de visiteurs et de participants ont été fier d'être associé à cette oeuvre.
Pour toutes ces raisons, cette histoire doit continuer. Il faut agir et surtout réagir.
Jean-Frédéric BERGER
Président des ATAGRIF de 1989 à 1998.
08 septembre 2006
Ainsi dit-elle.
"Je suis une dame de pierre au coeur millénaire
Je suis une dame de pierre aux murs de mystère
Perchée sur ma colline au travers des temps
Dans ma chapelle sobre palpite encore le sang
Des chevaliers en robe blanche, hier combattants
Devenu par la force du vent, de simples manants."
"Mais sais-tu me comprendre
Quand dans mes murs tu flânes ?
Mais sais-tu attendre
pour découvrir mon âme ?"
"Et je te dis doucement, quand tu penêtre mon ventre
Laisse ta vie au portail, tu es là pour apprendre
Et je dis simplement, à ceux qui m'aime sans comprendre
Je te nourrirais du lait de mes murs, si tu sais attendre."
"Et de toi je ferais un Homme, car au coeur de mon ventre
Dans le sang de mes veines, dans les murs de ma chair
Coule la vérité des temps anciens, celle qui brûle dans l'âtre
des coeurs généreux, des âmes pieuses, qui aiment leur mère."
"Alors tu renaîtras, au jour de ta naissance, l'âme pure
Et le coeur vaillant, prêt à revêtir, la robe blanche
tâchée du sang des chevaliers. Et moi, dans la paix de mes murs
Je t'aurais fais bourgeon pour que naisse une nouvelle branche."
"Je suis une dame de pierre au coeur de mystère
Je suis une dame de pierre à l'âme millénaire
Je suis une dame des temps anciens, noble et belle
Qui s'endormira bientôt, au creux de ma chapelle."
04 septembre 2006
A la Commanderie.
Pour elle, pour vous, pour eux.
Je voudrais, ce soir, vous parler d'elle comme l'on parle de la femme que l'on aime, ou comme l'on parle de ses enfants avec de la fierté dans les yeux.
Je voudrais, ce soir, vous parler d'elle comme d'un phare, d'un havre de paix, d'un lieu magique, qui existe parce que des hommes l'ont voulu comme telle et qui vous ouvre ses bras quand vous avez besoin de réconfort et de soutien.
Je voudrais, ce soir, vous parler de vous, de tous ceux d'entres vous, qui depuis des années, lui avez donné du temps, de la sueur, de l'amour. De vous tous qui avez fait que l'aventure puisse exister, que la magie opère pour qu'existe un temps la certitude d'un possible différent, d'un monde meilleur. De vous tous qui avancez dans le quotidien de votre vie avec la certitude de son existence.
Oui, elle est là encore pour longtemps et demain ses pierres continuerons de parler de votre passage, de vos efforts, de vos rires, de la vie que vous lui avez donné, Chevaliers parmi les chevaliers de l'histoire vous êtes et vous resterez !
Mais parce que tout n'est pas beau dans ce monde, je voudrais, aussi, ce soir, vous parler d'eux, de ceux qui n'ont pas compris ce qui a été, qui ne comprennent pas que les enfants ont besoin d'espérance et d'exemples. Que l'océan de la vie impose l'existence d'une lumière dans la nuit pour continuer de l'avant et être rassurer, comme le phare guide les bateaux et rassure le capitaine et l'équipage. Que le rôle de l'adulte, en ce monde, est d'oeuvrer pour les enfants de demain et non pour la gloriole d'aujourd'hui.
Enfin, que ses valeurs personnelles et son honneur ne peuvent être vendu, même pour "la raison d'état..." ou tout autre raison... et que c'est dans la droiture, le respect et l'intégrité que l'on s'attache les hommes et la mémoire du temps.
Alors, ce soir, Je voudrais vous dire, à tous, que je prie pour que la lumière de la compréhension ouvre les yeux des aveugles qui veulent diriger les choses de la vie.
Je voudrais vous dire que certains sont condannables et d'autres excusables. Qu'il appartient, à chacun, dans la solitude de son âme d'accepter la vérité de ce qui fût et ne sera plus. Comme je le fais moi même.
Que protéger et soutenir les amis, c'est beau, sauf quand ils font du mal aux autres et que l'amitié passe parfois par la lucidité d'un regard franc et honnête.
Mais, je voudrais, aussi, vous dire que je pense à vous tous, qui demain, serez peut être orphelins. A vous tous qui avez trouvé en ce lieu une partie de vous même. Qui avez saisi son sein pour vous nourrir à une autre vie lorsqu'elle vous a accueilli dans son ventre chaud et protecteur pour vous permettre de naître à votre vie.
Alors, parce que l'espérance est le propre de l'homme, je voudrais vous dire que les mains de l'homme sont faites pour construire et non pour détruire. Qu'il appartient à chacun d'être maître de sa vie et de se souvenir qu'il peut et même qu'il a le devoir d'entreprendre pour le bien être des autres. Que ce qui fût n'est pas perdu parce que c'est gravé en chacun de nous comme un souvenir que personne ne pourra faire disparaître. Que cette victoire de la mémoire est un camouflet pour les destructeurs d'aujourd'hui.
Alors, pour que demain appartienne à nos enfants, parlons de ce qui fût, non avec honte mais avec fierté et honneur, clamons le à la face du monde et tant pis pour ceux, quelque soit leur âge, qui ont tout détruit. Celà ne sera pas à leur honneur.
Quand à elle, demain, surement plus belle, plus surfaite, mais moins respectée, moins aimée, elle sera plus anonyme dans les méandres du temps, mais continuera de briller en nous parce que son âme est belle et généreuse et qu'un temps elle fût à nos yeux et à nos coeurs la plus belle des femmes, un peu notre mère.
A toi Commanderie, à vous chevaliers d'hier, Templiers et Hospitaliers, à vous fermiers des siècles passés et enfin à vous nobles coeurs d'aujourd'hui, Templiers de passages, pour avoir aimé ce lieu et l'avoir protégé dans le respect de son âme et de son corps depuis quarante ans, que la mémoire soit !
25 mai 2006
Pour eux !
Il est des lieux magiques que l'on croise parfois aux détours des chemins de la vie, comme cela un matin et puis on flash, on tombe amoureux. Alors le bâtiment vous tient et quelque part vous le tenez aussi entre vos mains et surtout dans votre coeur.
Combien de "fous" de ce genre existent en France ? Plus que l'on ne le pense, mais voilà leur passion solitaire ou familiale reste bien souvent dans le silence d'un contexte local. Les médias parfois valorisent ces aventures humaines où les difficultées sont plus présentes qu'ailleurs et où les contraintes financières et les tracasseries administratives conduisent parfois au découragement.
Impliqué depuis de nombreuses années dans un mouvement nationale pour la sauvegarde et la restauration du patrimoine, l'Union Nationale REMPART, reconnue d'utilitée publique, j'en connais de ces passionnés, de ces amoureux des vieilles pierres. Mais voilà au delà des vieilles pierres, il y a un point commun à tous ces hommes et ces femmes, c'est l'amour des hommes, c'est l'envie d'oeuvrer pour que des traces d'un autre temps persistes pour les générations futures, c'est aussi l'envie de transmettre, de former, d'aider à naître des hommes et des femmes qui dans le travail en commun au service d'un patrimoine se découvrirons eux mêmes et construiront leur avenir.
Ainsi en est-il de l'aventure de la Commanderie des Templiers de Coulommiers, sortie de l'oubli il y aura 40 ans en juillet de cet été. Si des hommes ne s'étaient pas levés en 1966, ce lieu n'existerait plus. Quarante ans d'actions associatives, humaines ce n'est pas rien. Mais le plus fort c'est la remarque que m'a fait tout dernièrement un stagiaire propriétaire d'une abbaye dans le sud est de la France, lorsque je lui racontait l'histoire du lieu et le fait que nous soyons la deuxième générations à s'y attachée depuis 17 ans.
Il me disait qu'il comprenait étant propriétaire l'attachement et l'acharnement qu'il pouvait mettre lui à la sauvegarde de son site parce que celui-ci lui appartenait.
Mais qu'il restait stupéfait et ébaïe des gens qui comme nous, comme mon équipe, comme les bénévoles pouvaient donner toute leur énergie pour un lieu qui ne leur appartenait pas, dont il ne jouiraient jamais à titre personnel, ni familial, dont les honneurs et la gloire reçus sont bien peux face à l'investissement.
S'en suivi une longue discutions sur le pourquoi et le comment, sur ce qui nous fait nous impliquer, sur les valeurs que nous entendons défendre par ces actions et cette implication. Je ne pense pas l'avoir convaincu, mais je sais que son regard était chargé de respect.
Aussi ce soir, je voudrais transmettre à tous ceux qui s'investissent dans une cause pour un bien qui ne leur appartient pas et qui fléchissent de temps en temps. A tous ceux qui se sentent investis pour les générations à venir, pour que la gloire du génie humain et de sa diversité perdure, pour que le savoir reste, pour que l'aventure humaine soit encore possible...
Et bien ce soir, je voudrais transmettre à chacun un petit peu de ce regard et du respect qu'il y avait dedans en leur disant, continuons contre vents et marées continuons, parce que nous ne sommes pas seuls, parce que demain cette oeuvre sera utile, parce que tous les jours des gens inconnus trouvent dans nos actions la force d'entreprendre eux aussi quelque chose pour donner un sens à leur vie.
Bonne nuit.
03 avril 2006
Une histoire d'aventure, bientôt 40 ans
J'aime quand la cour de ce lieu chargé d'histoire résonne des chants et des rires de ces jeunes garçons et filles, venus des quatre coins de l'Europe et du monde pour oeuvrer un temps au service de cette vieille dame, témoin de notre histoire et d'un temps passé.
Depuis bientôt 17 ans pour nous, et 40 ans pour elle, ils sont là tous les étés à manier la pelle, le marteau ou la truelle, à refaire enduits, toitures et que sais-je encore.
Eh oui, c'est en juillet 1966 que sera lancé et donné le premier coup de pioche de l' "opération sauvetage commanderie", une aventure technique et humaine au service d'un patrimoine, d'un lieu, d'une histoire tombée dans l'ombre du temps. Je souhaite, ici rendre hommage à ces pionniers qui ont osé démarrer cette aventure en cet été 66. A ces hommes qui se sont engagés dans l'aventure, qui ont osé.
En 1989, nous avons pris la relève, la deuxième génération. Deux jeunes fous qui se sont aussi lancés dans l'aventure sans savoir où elle les conduirait, que diantre, allons-y, osons.
Et nous avons osé. Les chantiers ont été relancés, les expos, les visites, puis d'autres activités, les équipes permanentes au sein de l'association ont été crées, puis en 1993 le jardin médiéval, et ainsi de suite au fil du temps la vie a repris au sein de ces vieilles pierres, où se mélangent, suivant les mois et les jours, enfants adultes et personnes agées, venus rencontrer l'histoire et respirer l'air d'un autre temps.
Aujourd'hui encore, parce que les travaux ne sont pas fini et tant mieux, ils viennent durant l'été de France, d'Angleterre, d'Italie, des Etats Unis, du Maroc, de Chine et j'en passe il faudrait tant en nommer. Ils ont entre 15 ans et ... sans limite (n'est ce pas mon ami templier de la contre fiche ! ) unis dans l'effort, unis dans la rencontre, dans l'aventure sans fare ni paillettes, dans l'oeuvre constructive, quand d'autres ne font que détruire ou que consommer. Déjà citoyens d'un demain incertain, ils construisent les bases de notre futur. Ils se construisent !
A tous ces garçons et ces filles avec qui j'ai partagé tant d'instants magiques, de fous rires épiques, de joies intenses, de discussions profondes et enrichissantes des deux côtés, à vous tous je souhaite dire le plaisir et la fierté que j'ai de vous avoir connu et d'avoir partagé un temps votre vie.
Quand à vous, politiques et autres hommes de pouvoir, si seulement, au lieu de ne voir que le bout de votre nez et le demain de l'élection, vous pouviez comprendre ce que ce genre d'aventure apporte à notre société et aux femmes et hommes qui la composent, peut être alors le monde serait autrement, peut être alors laisseriez vous le temps au temps pour que l'avenir se construise. Peut être alors verrions nous de partout fleurir le temps de l'aventure humaine, du droit et du devoir d'entreprendre, aider. soutenu. Enfin reconnu, peut être !
Pour que l'homme puisse entreprendre, il lui faut des exemples qu'il puisse suivre. Ne tuer pas les ouvreurs de chemins, les traceurs de routes, les bouffeurs de vie, vous feriez de nos enfants des orphelins d'espérance et d'aventure.
Ne brisez pas les rêves d'un autre monde. Vous n'en avez pas le droit !
15 mars 2006
Un nouvel album photo
Bonjour à tous,
Voili, voilou, je me suis enfin décidé à mettre en ligne un nouvel album photo avec la présentation de la Commanderie des Templiers, à Coulommiers. Ce monument créé par les moines soldats de la milice des pauvres chevaliers du Christ en 1173, connu aujourd'hui sous le nom des Templiers. Ce monument, donc, traverse l'histoire en changeant plusieurs fois de propriétaire. Depuis 1966, il est le témoin tous les été de chantiers internationaux de jeunes bénévoles qui participent à sa restauration. Une manière unique de participer à la sauvegarde du patrimoine, mais un moyen aussi pour moi, tailleur de pierre, pédagogue et acteur actif pour le devenir de l'homme, de faire passer des messages sur l'homme et de vivre et faire vivre des aventures uniques qui participent à la construction de l'individu et du futur citoyen.
Je ne manquerais pas de vous présenter ce haut lieu d'histoire plus en détail et de vous raconter en quoi il participe à ma vie et à la vie de plein de gens, jeunes et moins jeunes, depuis 17 ans.
p'tet ben que j'vous parlerais aussi de taille de pierre, qui sait...
Aller à bientôt.
05 mars 2006
Aux bénévoles de la Commanderie
Enfer et damnation je suis découvert...
Jamais tranquille, n'est-ce pas, aller je crois que je l'ais un peu cherché, alors à tous les anciens de la Commanderie je souhaite le bonjour et la bienvenue, en espérant vous revoir tous bientôt.
Ne cherché pas pour l'instant je ne parle pas de la commanderie ici, cela viendra, mais vu que j'y sois déjà tout le temps, il faut bien en sortir un peu.
Aller je vous embrasse et bonne route !
Jean-Fred
















